INSTITUT ÉMILIE DU CHÂTELET
pour le développement et la diffusion des recherches sur les femmes, le sexe et le genre



Portrait d'Émilie du Châtelet (détail)
par Marianne Loir,
Musée des Beaux-Arts de Bordeaux

Émilie du Châtelet (1706-1749)

«[…] Madame du Châtelet commença une traduction de l'Enéide […]. Elle a laissé manuscrites des Observations justes et ingénieuses sur la Langue française. Euridioée montra la littérature à ses enfants; Zénobie apprit à ses fils le grec, l'égyptien et le latin; Cornélie, mère des Gracques, leur fit connaître l'éloquence latine; Madame du Châtelet non seulement enseigna la géométrie à son fils, mais encore elle composa pour lui: Institutions de Physique, in-8. C'est une explication de la philosophie de Leibnitz. Cet ouvrage est précédé d'un discours préliminaire qui est un chef-d'œuvre de raison et d'éloquence. Au jugement de Voltaire, elle a répandu dans le reste du livre une méthode et une clarté que Leibnitz n'eut jamais, et dont ses idées ont besoin, soit qu'on veuille seulement les entendre, soit qu'on veuille le réfuter. Madame du Châtelet publia ensuite un Traité de la nature du feu, in-8. Elle avait l'esprit trop juste, pour se contenter des vaines hypothèses de la métaphysique. Elle connut Newton, et le philosophe allemand lui fut sacrifié. Après se l'être rendu familier par le travail le plus opiniâtre, elle traduisit ses Principes mathématiques de la Philosophie naturelle. Elle y ajouta un commentaire, où les principaux phénomènes du système du monde sont expliqués avec précision et clarté. Cet ouvrage fut imprimé après sa mort, en 2 vol. in-4. Voltaire a dit: «Cette traduction, que les plus savants hommes de France devaient faire, et que les autres doivent étudier, une femme l'a entreprise et achevée, à l'étonnement et à la gloire de son pays… On a vu deux prodiges: l'un que Newton ait fait cet ouvrage; l'autre qu'une dame l'ait traduit et l'ait éclairci». A l’égard du commentaire, il est au-dessus de la traduction. Madame du Châtelet y travailla sur les idées de Clairaut. Elle fit tous les calculs elle-même, et quand elle avait achevé un chapitre, Clairaut l’examinait et le corrigeait. On lui doit encore: Réflexions sur le Bonheur. […]

Plus d'informations : consulter
http://www.femmes-et-maths.fr/biblio/biblio-1-3.html

http://www.techno-science.net/?onglet=glossaire&definition=8350

le catalogue de l’exposition «Émilie Du Châtelet (1706-1749) une femme de Sciences et de Lettres à Créteil», qui a eu lieu à l’Université Paris 12-Val de Marne, du 18 octobre au 16 décembre 2006 — Présentation